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Depuis 2008, l’association mode d’emploi invite dans un octroi mis à disposition par la mairie, de jeunes artistes en résidence. Ce projet est soutenu par la Région Centre et la Direction Régionale des Affaires Culturelles. La résidence se conclue par une exposition des œuvres produites. Le principe de résidence permet de rencontrer cet artiste et de voir évoluer ses travaux. L’octroi est un espace d’expérimentation et de d’exposition, où Shoko Ogoshi présentera ses œuvres dans l’octroi. 
Une œuvre synesthésique? 
Shoko Ogoshi, jeune artiste japonaise, travaille sur les relations perceptions auditives et visuelles proche du phénomène nommé la synesthésie. Ce trouble de la sensibilité est caractérisé par le fait qu’un stimulus unique entraîne une perception double, comme une liaison entre la perception visuelle et la perception sonore. Historiquement au XIXe et XXe siècle la synesthésie est un fantasme, une utopie artistique des liens entre la musique et la peinture au sein de la quête de l’abstraction et dans le questionnement de l’espace par le temps et inversement. 
La bande magnétique comme objet visuel. 
Cela se matérialise par le détournement de la bande magnétique. Shoko Ogoshi utilise ce matériau, support de l’information sonore, comme un objet spatial. Les bandes magnétiques passent par des lecteurs et occupent tous l’espace du rez-de-chaussée. Cette accumulation créé une installation où la bande mollement posée au sol semble inerte et circulant par la tension générée par les lecteurs audio semble dynamique. 
Un tourne-disque comme éclairage. 
Au milieu de cet amoncellement émerge un tourne-disque sur lequel tourne un prisme en plexyglas. Il décompose le faisceau lumineux d’un vidéo-projecteur, principale source de lumière de cette installation. L’effet stroboscopique et rotatif met en oscillation l’espace, sa lumière et nos propres perceptions. 
Un détournement du quotidien 
Tous les objets bricolés par Shoko Ogoshi, sont détournés de leurs fonctions habituelles. La lumière et le son sont des ondes pourquoi un tourne-disque ne serait pas un objet lumineux ? Et une bande magnétique un objet visuel ? Dans cette quasi-obscurité, les objets deviennent comme des fantômes. Leur changement de nature leur confère une certaine spiritualité. Une dualité spectrale. 
Un petit cabinet des curiosités sensorielles 
L’image et le son sont véhiculés par des supports (disque, bande magnétique) que se passe t-il si on lit une bande-vidéo avec un lecteur audio entend-on la lumière ? Et si l’on met un prisme sur un tourne-disque voyons nous le son ? Nous sommes face à une expérience dont l’enjeu est de brouiller notre perception. En détournant ces supports et ces appareils, Shoko Ogoshi nous démontre une inversion de l’image et du son, aujourd’hui intiment liés à l’intermédia. Elle retourne le monde pour en prendre conscience. La nature immatérielle des ondes sonores et lumineuses permet cette bascule d’un sens vers l’autre. Cette invitation à voir autrement se poursuit au premier étage baigné de lumière. Avec un «bricolage» de trois loupes, elle inverse l’image de la Loire visible par le hublot. La synesthésie est ici encore présente, le monde tourne, l’espace autour de nous est capté pour sa nature ondulatoire. Et basculé du visible à l’audible et inversement. La résidence de Shoko Ogoshi est la possibilité de comprendre la nature des phénomènes et leur perméabilité, de changer notre rapport au temps et à l’espace. Nous ne sortons pas de l’octroi transformés mais un peu synesthésiques. 
© 10 fevrier 2010, Ghislain Lauverjat

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